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Retour des contrôles aux frontières en Allemagne lundi 16 septembre : entre sécurité illusoire et liberté compromise

 

Allemagne : le retour des contrôles aux frontières dès le 16 septembre 2024, une illusion de sécurité pour les transfrontaliers français 

Le 16 septembre 2024, l'Allemagne rétablira temporairement des contrôles à toutes ses frontières. 

Officiellement, la mesure est présentée comme une réponse à l'immigration illégale, mais en réalité, elle révèle surtout une société en proie à ses propres peurs.
Pour les Français travaillant de l'autre côté de la frontière, cette décision symbolise bien plus que des contrôles policiers ; elle incarne la lente agonie d'une Europe qui croyait pouvoir abolir ses frontières.

Un retour des contrôles : entre cynisme politique et illusion sécuritaire

L’Allemagne, par cette décision de rétablir les contrôles à ses frontières pour six mois, ne fait qu'amplifier une tendance de plus en plus ancrée en Europe : celle de la fermeture progressive des frontières sous prétexte de sécurité. 

Bien sûr, ce n’est pas la première fois que cela arrive.
Déjà, lors de l'Euro de football en 2024, les contrôles avaient refait leur apparition, et la pandémie de Covid-19 avait déjà transformé les points de passage en véritables nœuds de congestion. 

Cette fois encore, l’argument avancé est simple : freiner l’immigration illégale.
Mais la réalité est plus complexe. Ces contrôles ponctuels, censés ne viser que les passeurs ou les situations suspectes, ne sont en réalité qu'un énième geste symbolique pour rassurer une population anxieuse, désabusée.
En 2019, près de 50 000 Français travaillaient en Allemagne, selon l’INSEE. Ils sont les premiers concernés, mais aussi les premières victimes d'une mesure qui ne fait qu'ajouter une pression inutile sur des flux déjà tendus.

Le quotidien des transfrontaliers : une circulation sous surveillance

Les transfrontaliers peuvent se rassurer, dit-on. Les contrôles ne seront pas systématiques, et il ne devrait pas y avoir de longues files d’attente comme celles que l’on a pu voir durant les contrôles sanitaires du Covid-19.

Les autorités allemandes se veulent rassurantes, affirmant que ces mesures seront ponctuelles et liées à la détection d’indices de trafic.
Pourtant, ce climat de suspicion permanente, cette surveillance sourde, finit par peser sur le quotidien de ces travailleurs pendulaires.
Il ne s’agit pas seulement de montrer ses papiers d’identité, un geste anodin, mais bien d’accepter l'idée que chaque passage de frontière est désormais soumis au bon vouloir des autorités. 

C’est là une rupture claire avec les principes de l’espace Schengen.
Peu importe qu’il n’y ait pas de perturbations majeures, c’est l’esprit même de la libre circulation qui est battu en brèche. 

Une Europe sans frontières n’a jamais existé que dans l’imaginaire bureaucratique de Bruxelles. Sur le terrain, la réalité est tout autre.

Lutte contre l'immigration clandestine : un prétexte commode

Nancy Faeser, la ministre allemande de l’Intérieur, justifie ces contrôles par la nécessité de lutter contre l'immigration clandestine et les passeurs. Le discours est rodé.

Officiellement, il s'agit d'empêcher les « mouvements de contournement », une phrase que l’on croirait sortie d’un manuel de technocratie sécuritaire. La vérité est que ces contrôles s'inscrivent dans une logique plus large de repli national, exacerbée par des événements comme l'attentat revendiqué par l’organisation État islamique le 23 août dernier. 

L’Allemagne n’est pas seule dans cette démarche. 

Les contrôles sont déjà en place depuis un an avec des pays comme la Pologne, l'Autriche, la Suisse et la République tchèque. 

Cette mesure, loin de se limiter à une réaction ponctuelle, est le reflet d’une pression politique croissante, celle d’un continent qui, à défaut de pouvoir résoudre ses problèmes internes, choisit de se barricader. 

Les passeurs continueront à trouver des chemins, comme ils l’ont toujours fait. Ce ne sont pas des frontières symboliques qui les arrêteront.

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Edito

 


La France : un pays à la dérive, entre crise et résignation

Il y a ce moment où l’on sent que tout bascule, où la machine s’emballe, et personne ne semble capable de trouver le frein.


La France, en cette fin d’été, semble justement traverser cette période trouble, cette crise politique et sociale qui prend des allures de descente en spirale.

Le gouvernement, acculé, incapable de garantir ne serait-ce qu’un semblant de sécurité et de stabilité, se débat comme un funambule ivre au bord du vide.

On parle de lenteur judiciaire, de réformes qui n’arrivent jamais ou bien trop tard, de faits divers qui s'enchaînent, grotesques et tragiques, révélant autant de failles béantes dans un système à bout de souffle.

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles, de colères rentrées ou éclatantes, de manifestations qui tournent mal, de violences qui s’insinuent dans les moindres recoins du quotidien. Les Français, fatigués par des crises à répétition, ne croient plus à grand-chose, encore moins aux discours convenus des ministres. Le mécontentement est partout, diffus, palpable, comme une fièvre qui ne tombe pas. La défiance envers le gouvernement grandit, s'étend, se nourrit de chaque échec, de chaque scandale, de chaque bourde.

Les blogs, ces sentinelles modernes du malaise social, s’en font les relais inlassables. On y raconte des histoires à peine croyables, des chroniques de l’absurde où se mêlent faits divers sordides, dysfonctionnements législatifs et judiciaires. L’une des pages les plus suivies se plaît à dresser l’inventaire des ratés, à épingler les petites lâchetés du pouvoir, à multiplier les anecdotes sur cette situation qui semble à bien des égards hors de contrôle. Chaque récit devient une pierre jetée contre la façade lézardée d’un État qui vacille.


Dans ce chaos orchestré, tout le monde perd pied. Les institutions, censées garantir l’ordre et la justice, paraissent soudain aussi fragiles que des constructions de papier. Les réformes promises sonnent creux, comme des promesses faites à la hâte, juste assez pour gagner du temps, jamais assez pour résoudre les problèmes. Tout semble suspendu, en attente, dans une sorte de flottement inquiétant.

Et pourtant, il y a ce sentiment diffus, ce murmure de fond qui gronde : quelque chose va finir par céder. La question n’est pas de savoir si, mais quand. La France avance, vacillante, le regard fixé sur un horizon de plus en plus incertain, les pieds sur un sol de plus en plus meuble. 

Les fissures s’élargissent. L'histoire, elle, attend son dénouement. 

JDF (Journal des Fous)